mardi 5 juin 2007

L'Europe de la défense : Le véritable second souffle du projet européen?

Force est de constater qu'une fois les premières phases de l'Europe économique achevées (marché commun, zone de libre échange puis union économique et monétaire), l'Union européenne s'est quelque peu enlisée dans sa propre machine fonctionnelle et technocratique.
Trainant les pieds pour accomplir sa phase "politique" le projet européen s'est trouvé ralenti par des queurelles de comptoire; le souci de ses partisans et de ses détracteurs se résumant à la fameuse dialectique "mais l'élargissement aux Etats de l'Est ne risque-t-il pas de freiner l'intégration", sans que jamais personne ne modifie son angle de vue pour enfin se demander "mais ne doit-on pas, à présent, considérer l'Europe comme la plateforme de projets plus ambitieux et politiquement liant ?" Or, quoi de plus liant que le désir de sécurité ?

Jean-Jacques Rousseau aurait certainement soutenu le principe d'une Europe politique et sociale fondée sur la préservation des intérêts communs. Ne mentionnait-il pas déjà dans son Contrat Social (chap.1, LivreVI) qu'il fallait "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant." N'est-ce pas cela le projet européen : garantir la sécurité et les libertés de chaque individu en oeuvrant à la stabilisation de son environnement proche et lointain, et générer une grande communauté de pensée dont le centre névraligique ne serait plus uniquement l'interdépendance économique ou l'impératif démocratique, mais la cohésion sociale... ?
Or, notre pauvre Rousseau doit aujourd'hui se retourner dans sa tombe en observant le désintérêt réciproque des "élus" européens et des citoyens. La fameuse Volonté Générale, fondement essentiel du contrat social rousseauiste, a été réduite à peau de chagrin. Il n'y a guère plus de processus d'éveil ou de sensibilisation des consciences citoyennes. Pire, l'âge d'or des Lumières a été baffoué par le règne de la communication aliénante qui, en ce début de XXIème siècle, porte le culte du bien-être individuel comme valeur morale prédominante, usant de la rhétorique de la séduction et abusant de discours endormissants.

Comment réaliser le potentiel d'union que représentetait une Europe plus ambitieuse; moins fonctionnelle peut-être, mais plus liante ?

Selon moi, les éléments de réponse se trouvent dans l'Europe de la défense. Non la "défense" au sens béligérent du terme, mais la "défense" comme projet de convergence des sociétés.

jeudi 31 mai 2007

Toute l'info sur l'Europe

Pour renforcer sa connaissance des arenes politiques et institutionnelles europeennes, et pour aiguiser son sens critique, quelques sites et blogs incontournables :

http://europa.eu/
http://www.eupolitix.com/EN/

http://www.euractiv.com/fr/

http://www.touteleurope.fr/
http://www.cafebabel.com/fr/
http://www.europeus.org/

http://agirpourleurope.blogspirit.com/
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/
http://www.diploweb.com/

http://quoideneufeneurope.hautetfort.com/
http://www.ena.lu/mce.cfm

S'unir sans pour autant perdre son identité / Un outil politique à la solde des magnias du libéralisme : Que penser de l'Europe ?


Que penser aujourd'hui de l'Europe et de ses objectifs ... Le 25 mars prochain, cela fera 50 ans que le Traité de Rome a été signé; pourtant, la dialectique européenne semble bien loin d'être aboutie.

Dans les cercles de discussion politique, l'ambivalence demeure. Tandis que les défenseurs de l'intégration s'interrogent sur la capacité d'unifier les peuples d'Europe sans gommer les particularismes, les plus aigris, désillusionnés par la prépondérence de l'Union économique et marchande sur l'Union politique et citoyenne, ne voient dans cette Europe qu'un instrument à la solde du libéralisme outrancier.

Mais où en sont les citoyens européens eux-mêmes ?

Les élections parlementaires de 2002 ont révélé - si tant est que cela soir reellement surprenant - un manque d'implication latent. Il semblerait bien que la fameuse conscience culturelle et citoyenne commune, chère à Jacques Delors et nécessaire à l'approfondissement d'une véritable "union politique et démocratique", ait pourri avant même d'avoir germé. Selon certains commentateurs, les citoyens des Etats membres seraient de plus en plus apathiques à l'égard de l'Europe, au point même de rejeter le droit de représentation le plus élémentaire dont ils disposent dans ce vaste magma institutionnel : l'éléction des députés.
A qui la faute ? Toutes ces années où l'Europe n'a été que subreptissement mentionnée par nos responsables nationaux dont la verve accusatrice a, le plus souvent, contribué à en faire la responsable de tous les maux.

Peut-on néanmoins parler d'une passivité réactionnaire ?

Les Européens auraient-ils "sapé" ces élections, moment que les idéalistes définissent pourtant comme le paroxisme de la Démocratie européenne ? Ou bien leur geste - ou plutot leur "non geste"- ne serait-il pas symptomatique d'un manque cruel de communication de ce petit cercle de technocrates qui, du haut de son acropole "berleymontaise", oublie parfois qu'il agit par et pour la polis ?

Certes, nous pourrions accorder aux partisans de la théorie du vote eurosceptique éclairé, que le refus de voter soit une réaffirmation des identites nationales, le cas échéant, il s'agirait bien d'une abstention protestataire. Cependant, ces commentateurs peu confiants dans le modèle de gouvernance européen, semblent oublier que la première abstention exprimant un rejet citoyen, vise les institutions nationales et leurs représentants. Ce faisant, ils oublient également que la principale victime de la crise de légitimité, mal politique de notre décennie par excellence, est l'Etat lui-même.

L'Europe est-elle vraiment en train de s'essouffler comme semblent l'affirmer les moins optimistes d'entre nous ?

Il ne s'agit pas aujourd'hui de polémiquer sur le projet européen mais de savoir de quelle Europe nous parlons. Toute la question reste donc de déterminer quelle Union nous envisageons.
Face aux thèmes présentés comme "brûlants" car médiatiquement plus rentables, de nombreux défis internes et fonctionnels ont été relevés. En témoigne le terrain gagné par le Parlement Européen dans le triangle institutionnel grâce, notamment, à l'approfondissent du pouvoir codécisionnel.
Afin de porter un regard moins pessimiste, moins asceptisé par les discours eurosceptiques et le mattraquage de fausses questions (comme les bienfaits/méfaits de l'adhésion de la Turquie ou la fin de la souveraineté étatique), je vous propose d'utiliser ce blog comme une plateforme de réflexion. Les liens ci-dessous constituent un point d'ancrage à cette démarche. Je propose également d'actualiser certains thèmes. Cela sera fait de façon plus ou moins régulière, mais n'hésitez pas à suggérer des discussions !