Force est de constater qu'une fois les premières phases de l'Europe économique achevées (marché commun, zone de libre échange puis union économique et monétaire), l'Union européenne s'est quelque peu enlisée dans sa propre machine fonctionnelle et technocratique.
Trainant les pieds pour accomplir sa phase "politique" le projet européen s'est trouvé ralenti par des queurelles de comptoire; le souci de ses partisans et de ses détracteurs se résumant à la fameuse dialectique "mais l'élargissement aux Etats de l'Est ne risque-t-il pas de freiner l'intégration", sans que jamais personne ne modifie son angle de vue pour enfin se demander "mais ne doit-on pas, à présent, considérer l'Europe comme la plateforme de projets plus ambitieux et politiquement liant ?" Or, quoi de plus liant que le désir de sécurité ?
Jean-Jacques Rousseau aurait certainement soutenu le principe d'une Europe politique et sociale fondée sur la préservation des intérêts communs. Ne mentionnait-il pas déjà dans son Contrat Social (chap.1, LivreVI) qu'il fallait "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant." N'est-ce pas cela le projet européen : garantir la sécurité et les libertés de chaque individu en oeuvrant à la stabilisation de son environnement proche et lointain, et générer une grande communauté de pensée dont le centre névraligique ne serait plus uniquement l'interdépendance économique ou l'impératif démocratique, mais la cohésion sociale... ?
Or, notre pauvre Rousseau doit aujourd'hui se retourner dans sa tombe en observant le désintérêt réciproque des "élus" européens et des citoyens. La fameuse Volonté Générale, fondement essentiel du contrat social rousseauiste, a été réduite à peau de chagrin. Il n'y a guère plus de processus d'éveil ou de sensibilisation des consciences citoyennes. Pire, l'âge d'or des Lumières a été baffoué par le règne de la communication aliénante qui, en ce début de XXIème siècle, porte le culte du bien-être individuel comme valeur morale prédominante, usant de la rhétorique de la séduction et abusant de discours endormissants.
Comment réaliser le potentiel d'union que représentetait une Europe plus ambitieuse; moins fonctionnelle peut-être, mais plus liante ?
Selon moi, les éléments de réponse se trouvent dans l'Europe de la défense. Non la "défense" au sens béligérent du terme, mais la "défense" comme projet de convergence des sociétés.
Trainant les pieds pour accomplir sa phase "politique" le projet européen s'est trouvé ralenti par des queurelles de comptoire; le souci de ses partisans et de ses détracteurs se résumant à la fameuse dialectique "mais l'élargissement aux Etats de l'Est ne risque-t-il pas de freiner l'intégration", sans que jamais personne ne modifie son angle de vue pour enfin se demander "mais ne doit-on pas, à présent, considérer l'Europe comme la plateforme de projets plus ambitieux et politiquement liant ?" Or, quoi de plus liant que le désir de sécurité ?
Jean-Jacques Rousseau aurait certainement soutenu le principe d'une Europe politique et sociale fondée sur la préservation des intérêts communs. Ne mentionnait-il pas déjà dans son Contrat Social (chap.1, LivreVI) qu'il fallait "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant." N'est-ce pas cela le projet européen : garantir la sécurité et les libertés de chaque individu en oeuvrant à la stabilisation de son environnement proche et lointain, et générer une grande communauté de pensée dont le centre névraligique ne serait plus uniquement l'interdépendance économique ou l'impératif démocratique, mais la cohésion sociale... ?
Or, notre pauvre Rousseau doit aujourd'hui se retourner dans sa tombe en observant le désintérêt réciproque des "élus" européens et des citoyens. La fameuse Volonté Générale, fondement essentiel du contrat social rousseauiste, a été réduite à peau de chagrin. Il n'y a guère plus de processus d'éveil ou de sensibilisation des consciences citoyennes. Pire, l'âge d'or des Lumières a été baffoué par le règne de la communication aliénante qui, en ce début de XXIème siècle, porte le culte du bien-être individuel comme valeur morale prédominante, usant de la rhétorique de la séduction et abusant de discours endormissants.
Comment réaliser le potentiel d'union que représentetait une Europe plus ambitieuse; moins fonctionnelle peut-être, mais plus liante ?
Selon moi, les éléments de réponse se trouvent dans l'Europe de la défense. Non la "défense" au sens béligérent du terme, mais la "défense" comme projet de convergence des sociétés.
