jeudi 31 mai 2007

S'unir sans pour autant perdre son identité / Un outil politique à la solde des magnias du libéralisme : Que penser de l'Europe ?


Que penser aujourd'hui de l'Europe et de ses objectifs ... Le 25 mars prochain, cela fera 50 ans que le Traité de Rome a été signé; pourtant, la dialectique européenne semble bien loin d'être aboutie.

Dans les cercles de discussion politique, l'ambivalence demeure. Tandis que les défenseurs de l'intégration s'interrogent sur la capacité d'unifier les peuples d'Europe sans gommer les particularismes, les plus aigris, désillusionnés par la prépondérence de l'Union économique et marchande sur l'Union politique et citoyenne, ne voient dans cette Europe qu'un instrument à la solde du libéralisme outrancier.

Mais où en sont les citoyens européens eux-mêmes ?

Les élections parlementaires de 2002 ont révélé - si tant est que cela soir reellement surprenant - un manque d'implication latent. Il semblerait bien que la fameuse conscience culturelle et citoyenne commune, chère à Jacques Delors et nécessaire à l'approfondissement d'une véritable "union politique et démocratique", ait pourri avant même d'avoir germé. Selon certains commentateurs, les citoyens des Etats membres seraient de plus en plus apathiques à l'égard de l'Europe, au point même de rejeter le droit de représentation le plus élémentaire dont ils disposent dans ce vaste magma institutionnel : l'éléction des députés.
A qui la faute ? Toutes ces années où l'Europe n'a été que subreptissement mentionnée par nos responsables nationaux dont la verve accusatrice a, le plus souvent, contribué à en faire la responsable de tous les maux.

Peut-on néanmoins parler d'une passivité réactionnaire ?

Les Européens auraient-ils "sapé" ces élections, moment que les idéalistes définissent pourtant comme le paroxisme de la Démocratie européenne ? Ou bien leur geste - ou plutot leur "non geste"- ne serait-il pas symptomatique d'un manque cruel de communication de ce petit cercle de technocrates qui, du haut de son acropole "berleymontaise", oublie parfois qu'il agit par et pour la polis ?

Certes, nous pourrions accorder aux partisans de la théorie du vote eurosceptique éclairé, que le refus de voter soit une réaffirmation des identites nationales, le cas échéant, il s'agirait bien d'une abstention protestataire. Cependant, ces commentateurs peu confiants dans le modèle de gouvernance européen, semblent oublier que la première abstention exprimant un rejet citoyen, vise les institutions nationales et leurs représentants. Ce faisant, ils oublient également que la principale victime de la crise de légitimité, mal politique de notre décennie par excellence, est l'Etat lui-même.

L'Europe est-elle vraiment en train de s'essouffler comme semblent l'affirmer les moins optimistes d'entre nous ?

Il ne s'agit pas aujourd'hui de polémiquer sur le projet européen mais de savoir de quelle Europe nous parlons. Toute la question reste donc de déterminer quelle Union nous envisageons.
Face aux thèmes présentés comme "brûlants" car médiatiquement plus rentables, de nombreux défis internes et fonctionnels ont été relevés. En témoigne le terrain gagné par le Parlement Européen dans le triangle institutionnel grâce, notamment, à l'approfondissent du pouvoir codécisionnel.
Afin de porter un regard moins pessimiste, moins asceptisé par les discours eurosceptiques et le mattraquage de fausses questions (comme les bienfaits/méfaits de l'adhésion de la Turquie ou la fin de la souveraineté étatique), je vous propose d'utiliser ce blog comme une plateforme de réflexion. Les liens ci-dessous constituent un point d'ancrage à cette démarche. Je propose également d'actualiser certains thèmes. Cela sera fait de façon plus ou moins régulière, mais n'hésitez pas à suggérer des discussions !

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