Au moment où Nicolas Sarkozy connaît l’un des soufflets les plus mémorables de l’histoire politique française – sa dégringolade dans les sondages a été aussi rapide que sa montée en puissance – les dinosaures effectuent leur come back.
Il y a quelques semaines, en manque de bain de foule et souhaitant faire le plein de produits du terroir, Jacques Chirac – ce bon vieux Jaco – venait serrer la main des visiteurs et des exposants du salon de l’agriculture. Bien loin du mépris qu’avait essuyé l’actuel président de la république quelques jours plus tôt, à qui l’un des visiteurs reprochait d’être « salissant », Jacques Chirac s’est, au contraire, vu adressé tous les honneurs.
Cet espèce de retour vers le passé aurait pu être tout simplement amusant si la presse n’avait pas saisi le coche pour déclarer le « retour » de Chirac dans le cœur des Français, voire même dans celui des Européens…
La nostalgie Chi-chi…
Il est vrai que certains regrettent l’ancien chef de l’Etat français sur la scène internationale et que nos partenaires européens laissent parfois paraître une certaine nostalgie pour le couple Chirac-Schroëder. Certes moins passionné que celui formé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel – sorte de « je t’aime, moi non plus » parfois déroutant – le duo était plus consensuel. Les deux pontes avaient le mérite de porter l’Europe sans trop la brusquer.
Or, au moment où l’activisme sarkoziste appelle quelques craintes chez nos partenaires européens, le style plus traditionnel de son prédécesseur en vient parfois à être regretté. L’esprit européen de Jacques Chirac, s’il pouvait autrefois être taxé de minimaliste, avait au moins le mérite de la sobriété.
Sarkozy l’affirme, il est un Européen convaincu (et pour preuve : le drapeau européen jouxte toujours l’étendard français lorsqu’il prend la pause) ; Chirac, lui, n’a jamais montré autant d’enthousiasme.
Sans doute cet écart d’affichage est-il lié au contexte très particulier dans lequel se trouvent aujourd’hui l’Union européenne et a fortiori
Pourquoi un tel désamour ? Analyse giscardienne.
Dans une tribune qui lui était accordée par le magazine l’Express, Valérie Giscard d’Estaing (VGE pour les intimes) minimise ce désamour que l’on qualifie également de défiance. Selon l’initiateur de
Même s’il reste discret quant à la politique européenne de Sarkozy, l’ex UDF ne cache pas son optimisme dans un entretien accordé au Point : « Souhaitons que les 500 millions d’Européens puissent lui être reconnaissant du soin, de la modération et du savoir-faire que [
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